Hypnose Ericksonienne




Soin de la dépression. La Maison du MOI



Par Carlos Manuel P. Castro

C’est un court texte que nous souhaiterions vous proposer à la parution de chaque numéro de la revue, texte qui reprend au fil du temps, de manière bien sûr succincte, certaines des notions principales, spécifiques, originales de la pensée de François Roustang. Il s’agit d’une sorte de billet qui entend ainsi se rattacher à l’essence de son approche et à l’éclairage tout à fait fondamental qu’il apporte à la thérapie, et tout particulièrement à la thérapie par l’hypnose. Nous nous appuierons ainsi à chaque fois sur des textes significatifs.


Soin de la dépression. La Maison du MOI
L’auteur présente son travail avec les personnes déprimées et la façon dont il combine des tâches de différentes natures : reprise de contacts sociaux, du mouvement, ouverture aux parfums. Il partage ici le script qu’il utilise souvent dans la phase initiale de son travail avec les personnes déprimées.

Cet article est basé sur le travail réalisé par le Dr Daniel G. Amens, sur la thématique du système limbique profond. Quand celui-ci est altéré, la symptomatologie de la dépression est présente. Et quand il recouvre son état normal, les symptômes de la dépression disparaissent.

A partir de cela, nous pouvons optimiser le travail en hypnothérapie pour accélérer le processus et, en même temps, laisser aux patients des tâches à effectuer chez eux pour aider à la récupération de ce système. Quand nous travaillons avec une personne avec dépression, nous savons qu’il va être difficile qu’elle réalise les tâches que nous lui demandons parce que celles-ci vont lui demander beaucoup d’effort. Ceci est à l’origine de sentiments de frustration, quand on se sent incapable de le faire, et augmente l’état dépressif. C’est pourquoi les tâches doivent concerner ce que les patients pourront faire chez eux, sans effort et il importe de commencer à les faire dans le cabinet, et dans le travail en transe.

Les tâches
Liens positifs. La plus grande partie des patients ne se rendent pas compte de l’influence sur leur dépression qu’ont les personnes qui les entourent. Pour que le patient ait conscience de cela, on lui demande qu’il élabore une liste des dix personnes avec lesquelles il est le plus en contact et qu’il écrive en face de leurs noms le signe (+) ou le (-) qui signifient comment chaque personne le fait se sentir. Il met le signe (+) si la personne le met en valeur, le fait rire, lui procure de l’assurance, le fait se sentir bien. Le signe (-) si elle le critique, le fait s’énerver, pleurer, ou simplement s’il ne se sent pas heureux près d’elle.
Ainsi, ils peuvent choisir de fréquenter les personnes qui construisent avec eux des liens positifs et se sentir mieux.

Effluves agréables. L’odorat est le seul sens qui est directement traité par le système limbique profond, et étroitement lié à nos émotions. Souvent nous percevons une odeur agréable : une nourriture, un parfum et cela réveille une sensation également agréable. Bien sûr, le même processus survient avec les odeurs désagréables.

Les essences agréables sont comme des anti-inflammatoires. Il faut nous entourer de fragrances agréables.
Exercice physique. Il faut proposer cette tâche avec beaucoup de prudence pour que la personne ne se sente pas plus déprimée ou frustrée de ne pas avoir pu la réaliser. Les personnes qui font de l’exercice dorment mieux, ont plus d’énergie et généralement sont de bonne humeur. Le patient va changer sa posture physique et abandonner la position adoptée par le déprimé : tête baissée, bras tombants, marche très lente. L’exercice physique libère des endorphines qui produisent la sensation de bien-être. Le système limbique profond a de nombreux récepteurs aux endorphines et augmente également le flux sanguin dans tout le cerveau.

Souvenirs plaisants. Les personnes déprimées ont une mémoire sélective, tendent à se rappeler les événements qui sont cohérents avec leur état dépressif. Comme leurs systèmes limbiques sont enflammés, elles sont prédisposées au négatif et se souviennent seulement de ça. Ceci fait que leurs vies paraissent une liste interminable de choses négatives et elles sont convaincues qu’en raison de cela, elles sont déprimées. Chaque événement négatif du passé a provoqué une réaction chimique dans le cerveau qui réapparaît de façon identique chaque fois qu’il se rappelle de ce fait. Parallèlement, les nouveaux événements sont enregistrés sous la même forme que celle apprise par la personne : négativement. La personne est prédisposée à prendre ce qui arrive pour se convaincre qu’elle vit dans un univers négatif. Il convient de changer la chimie cérébrale en rappelant des choses positives. Je demande à mes patients qu’ils fassent une liste de dix choses plaisantes dont ils se souviennent et qu’ils les décrivent avec tous les détails en utilisant les cinq sens. Ils arrivent difficilement à cinq. A la consultation suivante, ils apportent toujours une liste beaucoup plus grande.

Contact physique. Le système limbique profond est aussi corrélé au lien physique, du fait que le contact physique est fondamental pour être en bonne santé. Il est important que le thérapeute promeuve l’attitude et l’habitude de toucher, lesquelles, bien que sainement efficaces spécifiquement pour les personnes avec dépression, sont tout autant efficaces et bonnes pour tous. Quelles tâches sont proposées ?

Transformer les habitudes. Ainsi comme nous avons des schémas automatiques de pensées, nous créons des schémas physiques et ensuite nous adaptons notre état d’esprit à ces modèles. Il est important de rompre le schéma physique pour que notre cerveau apprenne d’autres formes d’être. Par exemple, sortir du lit de l’autre côté, se réveiller avec une sonnerie plus agréable ou en musique, prendre son petit déjeuner avant ou après sa douche, etc.

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Le carnet de bord : un outil pour provoquer le changement ?
Où le patient-capitaine note ses étapes, les changements. Jusqu’à notre prochaine rencontre, je vais vous demander de vous munir d’un petit carnet, que vous devrez garder sur vous en permanence, où que vous soyez. A chaque fois que votre problème commencera à se manifester, vous sortirez immédiatement votre carnet et vous noterez tout ce qui se passe, en suivant scrupuleusement les instructions qui y figurent, dans les moindres détails.

Soin de la dépression. La Maison du MOI. Carlos Manuel P. Castro 
L’auteur présente son travail avec les personnes déprimées et la façon dont il combine des tâches de différentes natures : reprise de contacts sociaux, du mouvement, ouverture aux parfums. Il partage ici le script qu’il utilise souvent dans la phase initiale de son travail avec les personnes déprimées. 

Hypnose: Au service de nos grands aînés. Dr Marie Floccia et Fabienne Bidalon
Partir au bal ? Pourquoi pas ? L’hypnose, définie par Milton Erickson comme « une relation pleine de vie qui a lieu dans une personne et qui est suscitée par la chaleur d’une autre personne », a toute sa place auprès de la population âgée. En effet, le quotidien de la médecine gériatrique est grevé de polymédication et d’iatrogénie poussant le soignant à chercher des solutions non médicamenteuses mais aussi des solutions plus humaines et moins techniques.

Une Note. Selon François Roustang. Sylvie Le Pelletier 
Une Note, c’est ainsi que ce billet sera nommé. Une note, comme une note de musique ; la musique, essentielle à François Roustang, porte les silences et les mesures, les harmonies et les dysharmonies, telle, aime-t-il à citer après d’autres, la « musique des astres ».  L’harmonie avant toutes choses. En effet, c’est ici la première note qui ouvre au travail de François Roustang. 

En cancérologie. Dr Lauriane Bordenave
Cancérologie, Oncologie : je ne sais pas vraiment quel mot utiliser. Dans Cancer, on entend Hippocrate qui compare la maladie à une bête rampante comme le crabe ou le chancre. Dans Oncologie, on entend quelque chose d’un peu plus neutre, d’un peu moins maléfique, la science des tumeurs. Dans l’un comme dans l’autre, se dessine quelque chose d’innommable qui grossit dans le corps et met la vie en danger de manière indicible.


Écouter les mots. Anne-Sophie Bounié
Lorsque les patients suivis en oncologie parlent du cancer, des traitements et de leurs effets secondaires, ils utilisent souvent les mêmes expressions. Plus que de simples tournures de phrase, elles renseignent l’hypnothérapeute sur les représentations du patient et sur les efforts d’adaptation qu’il déploie pour faire face à l’intrusion du cancer, de ses traitements et de leurs effets indésirables dans sa vie. 

Cancer, stress et hypnothérapie. Dr Fabrice Lakdja
Comment vivre avec la vulnérabilité et la fragilité engendrées par l’épreuve du cancer ?  Darwin prétendait-il avec raison que les espèces qui survivront ne seront ni les plus fortes ni les plus intelligentes mais celles qui sauront s’adapter ? Le contexte de la maladie oncologique ne correspond-il pas à une situation particulière pour laquelle l’adaptation est nécessaire pour s’assurer la meilleure qualité de vie possible voire la survie ? 

Hypnose et anesthésie : « Dormez, je le veux ? ». Dr Aurore Marcou
Bouleversement des repères, séisme personnel, familial et social, le cancer est une épreuve de vie. Une épreuve qui nous fait percevoir notre vulnérabilité, notre finitude, de plein fouet. Comment pouvons-nous aider, nous, soignants de passage, sur un tel chemin ? Quelle légitimité avons-nous, nous qui sommes souvent naïfs de toute épreuve ? Comment prendre soin de l’autre dans son entier quand nous n’avons appris qu’à ausculter les corps ? 

Un abandon. Par Vanessa C., une patiente
Je vis l’hypnose comme un abandon. Un abandon de moi, un abandon de la maladie, un abandon total. Durant ces quelques minutes précieuses pendant lesquelles je suis dans cet état second, je ressens un véritable relâchement du corps et de l’esprit. Pour ce faire, il faut à mon sens deux composantes essentielles. La première étant bien évidemment d’être réceptif à cette pratique. Ce qui n’est pas forcément évident pour tout le monde.

« Prenez place ». Dr Stefano Colombo
Avec les chaleurs de l’été, je ne me le fais pas dire deux fois. Je n’ai même pas besoin d’y foncer, je suis déjà à l’entrée de mon marchand de glaces avec toute la patience nécessaire pour supporter avec sérénité la queue qui s’est formée devant son comptoir. Ses glaces sont excellentes, distribuées dans, sur et presqu’autour du cornet. Seule ma langue frémit d’impatience. 

Le point de vue de la guérison. Dr Adrian Chaboche
Chers lecteurs, certains patients nous exposent à des situations parfois bien singulières. Si votre souvenir vous porte au précédent numéro, « L’odeur de la guérison » vous aura peut-être surpris, dérangé, ou fait rire. Tout à la fois peut-être aussi. Je vous rappelle que vous pouvez interagir entre chaque numéro en adressant à la rédaction ou à l’adresse mail de votre auteur vos remarques, questions, et, surtout, expériences personnelles que nous pourrons publier. 

L’entretien d’explicitation. Dr Dina Roberts
Comment améliorer l’étude de l’hypnose ? Il semble indispensable de développer des recherches qualitatives pour décrire la façon dont les patients vivent la séance d’hypnose. L’entretien d’explicitation pourrait être une aide pour recueillir le vécu subjectif des sujets. L’entretien d’explicitation est éclairant à la fois par ses outils pratiques et par la démarche même qui a guidé son élaboration.

Entretien du Dr Patrick Bellet par le Dr Gérard Fitoussi
Bonjour Patrick, quel a été ton parcours personnel avant que tu ne t’intéresses à l’hypnose ? 
Patrick Bellet : Mon intérêt pour l’hypnose remonte à l’âge de 12-13 ans lorsque, par hasard, j’ai découvert dans la revue Planète à la fois l’existence de l’acupuncture et de l’hypnose. Intéressé par les sciences naturelles en général, cette lecture m’orientera vers des études médicales qui elles-mêmes, d’évidence (!), prendront conjointement la forme de l’acupuncture et de l’hypnose. 

Livres en bouche. Dr Julien Betbèze
Yves Gros-Louis, psychologue canadien et Huron-Wendat, nous permet de découvrir le lien entre la sagesse des premiers Indiens d’Amérique et l’approche centrée solution. Chez ce psychologue spécialisé en toxicomanie, la découverte en 1994 de l’approche brève orientée vers les solutions fut un électrochoc. Les rencontres avec ses clients sont devenues très agréables et détendues.

La Corse sous Hypnose. Dr Marc Galy
Les 26 et 27 mai dernier, le 11e Colloque de L’AFEHM a eu lieu en Corse. Premier congrès consacré à l’hypnose dans l’Ile de Beauté. Pour cela, Jean-Marc Benhaeim avait choisi des thèmes centraux : la présence, l’expérience, le silence. Nous étions une centaine de soignants de spécialités et d’orientations diverses. Les temps d’échanges furent nombreux. 

Rééducation, douleur, anesthésie. Dr Adrian Chaboche et Dr Lauriane Bordenave
Associer l’hypnose, kinésithérapie et MEOPA (gaz utilisé pour obtenir une sédation légère, courte et sans perte de conscience) améliore significativement la prise en charge du syndrome douloureux régional complexe de type 1 (SDRC, anciennement algoneurodystrophie) de la main et du poignet. 

Lettre ouverte à Madame la Ministre des Solidarités et de la Santé
Après un avis défavorable de l’ANDPC sur l’enseignement de l’hypnose aux infirmiers et un nouveau dénigrement de l’hypnose médicale dans un article du Quotidien du Médecin du 30 mai dernier, le Dr Frédérique Honoré, présidente de l’Institut Milton Erickson de Biarritz, a écrit une lettre ouverte à Madame Agnès Buzyn, Ministre des Solidarités et de la Santé. 

Rédigé le 11/01/2018 à 15:46 | Lu 183 fois modifié le 12/03/2018

Laurent GROSS
Kinésithérapeute, Hypnothérapeute, Psychothérapeute certifié par l'ARS en 2013, Président du... En savoir plus sur cet auteur





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